Les entreprises pleurent pour des profils « technologiques »

Publié dans l’Echo le 28 septembre 2019

Des gens sans emploi, et des emplois sans personne. Tandis que, sur fond de digitalisation, des entreprises pleurent pour des profils « STEM », versés en sciences, technologie, ingénierie ou mathématiques. Le marché du travail est grippé en Belgique. Témoignages, et pistes de solution.

Quand autant d’acteurs entonnent la même mélodie, cela devient un chœur. Qu’il est difficile de ne pas entendre. « On recruterait davantage si l’on avait plus de talents à notre disposition« , témoignait ce patron de start-up dans notre série consacrée à la biotech, publiée fin de l’année dernière. Trouver des travailleurs qualifiés, voilà qui « dans l’ordre de mes priorités, vient avant la recherche de nouveaux clients« , pointait le week-end dernier, dans L’Echo, le patron de la société technologique Technord. Rejoint, dans le même journal, par des chefs étoilés confrontés au manque de mains en cuisine.

Vous en voulez encore? On a du stock. « Nous avons deux postes à pourvoir pour des rayons importants, se désole Marc Filipson, à la tête de la librairie bruxelloise Filigranes. Nous recevons plein de candidatures enthousiastes. » Mais nulle trace d’un libraire présentant l’expérience requise. La Défense vient de s’y mettre, elle qui cherche à remplir 2.035 postes, en mettant l’accent sur des profils techniques et féminins. Quant au secteur de la construction, il avance le chiffre de 13.000 jobs en souffrance.

« Les enquêtes auprès des entreprises le montrent, insiste l’économiste Philippe Ledent (ING). L’indicateur ‘manque de main-d’œuvre’ grimpe dans les contraintes à la production. N’y voyons pas les élucubrations de l’un ou l’autre entrepreneur, il s’agit d’une réalité. Le marché belge de l’emploi souffre d’une inadéquation entre l’offre et la demande. » D’un côté, 139.000 emplois vacants (pour le deuxième trimestre 2019, chiffre Statbel). Et de l’autre, 500.313 demandeurs d’emploi inoccupés (en août 2019, selon la BNB). Sans que les seconds ne puissent combler les premiers. Ce qui n’est pas indolore pour la société. « D’un point de vue macroéconomique, cela coûte de l’activité et de la croissance, dont 50% reviennent à l’État et peuvent être redistribués.« 

Un phénomène qui touche tous types de profils; consulter la liste des métiers en pénurie suffit à s’en convaincre, elle qui va de développeur informatique à coiffeur, en passant par maçon, comptable, analyste financier, soudeur ou menuisier.

« Il existe plus de 80 initiatives pour soutenir les STEM. Une stratégie coordonnée serait plus efficace. » Dominique Demonté
Directeur Agoria Wallonie

Prenez Proximus, où l’on a en permanence entre cinq et dix postes de « jointeurs cuivre » ouverts. « Un métier lourd, qui n’attire plus les jeunes, commente Anne-Françoise Adams, à la tête du ‘job center’ de l’opérateur télécom. Et que l’on n’apprend pas entièrement à l’école. » Aussi tout nouvel engagé part-il pour un an de formation. Afin de toucher des jeunes, Proximus met sur pied un programme de formation en alternance, en collaboration avec Actiris, le Forem et le VDAB.

« Le plus gros défi, la construction »

Tous types de profils, donc, même si le nerf de cette « guerre des talents » se situe du côté des filières STEM – à savoir sciences, technologies, ingénierie et mathématiques. Ingénieur ou développeur informatique? Les entreprises pleurent après vous. En cause notamment, le processus de digitalisation qui est en marche. Et va révolutionner notre marché du travail, est-on convaincus chez Agoria, la fédération de l’industrie technologique. Où l’on insiste: la digitalisation constitue une aubaine pour l’emploi, devant créer 3,7 nouveaux postes pour chaque emploi disparu. À condition de trouver les bras et les cerveaux nécessaires. Parce que si rien n’est fait pour répondre au défi digital, quelque 584.000 postes devraient rester vacants en 2030 – soit « 95 milliards de prospérité » dans la balance.

Une nuance, à ce stade. L’avenir sera-t-il aussi technologique que le voit Agoria? Ce n’est pas certain, tempère Michel de Kemmeter, fondateur du programme Extrapreneurs et membre du think tank Club of Brussels, dédié à la transition économique et chargé par Agoria de réfléchir à la problématique des « métiers de demain ». « Il y a aussi une part de fantasme collectif. Qui va concevoir, sécuriser et entretenir cette technologie? Tous ces objets connectés constitueront un bac à sable pour les hackers. Je connais déjà des gens qui pleurent pour des ‘data scientists’ et doutent que l’on dispose des moyens humains nécessaires. Et au-delà, se profile un aspect plus philosophique. Veut-on d’un monde à ce point digital? Avec une population vieillissante, et de plus en plus de jeunes qui se ‘dédigitalisent’? Pour moi, le plus gros défi se situe du côté de la construction. Avec 95% du bâti qui a besoin, à tout le moins, d’un rafraîchissement. »

Mais au final, quelle que soit l’ampleur de la vague digitale, le défi est déjà posé. La guerre des talents fait rage. « La demande d’assistance à la transformation digitale est en hausse, souligne Piet Vandendriessche, CEO de Deloitte Belgique. Ce business affiche une croissance de plus de 20%. » La chasse aux profils est ouverte. « En quelques années, la proportion de profils STEM que nous engageons est passée d’un dixième à un cinquième, voire un quart. Pour l’heure, nous trouvons les profils recherchés, mais avec beaucoup d’efforts! Ce qui nous préoccupe, par contre, c’est la question de la mixité. Il existe trop peu de femmes qui se lancent dans ces filières.« 

La concurrence entre entreprises est forte, souligne Joël Poilvache, directeur pour la Wallonie et le Luxembourg du bureau de recrutement Robert Half. « Celles-ci doivent cultiver leur image de marque et soigner leur attractivité en tant qu’employeur. »

Pas toujours évident. « Les profils IT sont désirés sur le marché, pose Sandra Wilikens, à la tête des ressources humaines chez BNP Paribas Fortis. Nos plus gros concurrents sont les start-ups et les fintechs, considérées au premier abord comme plus sexy. » Attirer rime alors avec innover. « Cette année, nous venons de lancer un challenge ludique« , les quarante meilleurs candidats décrochant une place dans une finale qui se tiendra en présence des grands patrons. Hormis les pics liés aux gros projets, la banque assure réussir à trouver les ressources nécessaires sur le marché. Et pour les pics, eh bien, il y a le recours aux forces vives externes. Parmi les principaux contractants de BNP Paribas Fortis, on trouve TCS, pour Tata Consulting Services, le géant indien de l’informatique.

Chez Proximus aussi, l’IT nécessite une bonne dose d’attention. Certaines fonctions concentrent pas mal de personnel externe. « Nous travaillons aussi de près avec des écoles de codage, comme l’École 19, BeCode ou MolenGeek, glisse Anne-Françoise Adams. C’est une nouvelle stratégie, nous essayons d’aller à la source. Ces personnes passent quelques mois en stage et nous tentons de les conserver une fois qu’elles décrochent leur diplôme. » Cela passe aussi par de la formation en interne – un cycle lié à la cybersécurité vient de se boucler. Là où Proximus souffre davantage, c’est pour dénicher des profils versés en marketing digital. « Il y a très peu de personnes sur le marché et la demande est forte. Nous avons mis des mois à ‘staffer’ .

Pas de doute. Pour Fabien Pinckaers, « le nerf de la guerre, c’est le recrutement« . L’homme sait de quoi il parle: il est à la tête d’Odoo, la société informatique wallonne qui fournit une suite d’applications intégrées pour les PME. « Il y a quelques mois, on parlait d’engager 180 développeurs cette année en Belgique. On a revu notre ambition à la baisse, à 120. Et on risque de n’arriver qu’à 100. » Ce qui bloque? Le manque de troupes, pardi! « L’UCLouvain ne forme que 80 développeurs par an. Le problème est vite résumé.« 

« On aurait préféré des Belges »

Alors il faut composer. Odoo se « vend ». « Nous venons de développer 2.000 casse-tête en bois, à envoyer à des développeurs. Dedans, un message avec un challenge intellectuel. » Sensibilise. « Nous avons développé un business game, centré sur les scale-ups. » Sponsorise: pas mal de gobelets réutilisables utilisés dans les cercles étudiants affichent le logo Odoo. Débauche. « On va chercher des gens dans d’autres entreprises. C’est un peu triste, puisque cela n’améliore en rien l’économie belge. » Et passe par l’international, seule la moitié des quelque 700 employés étant basés en Belgique. « On teste le Portugal et le Maroc, où l’on cherche des gens à faire venir en Belgique. Et nous avons une filiale en Inde. On aurait préféré des Belges, mais bon…« 

Composer, et faire avec les conséquences. Parce qu’un besoin inassouvi de travailleurs se répercute généralement sur le chiffre d’affaires. « Il en existe, des entreprises, qui renoncent à des commandes, faute de capital humain« , regrette Dominique Demonté, directeur général d’Agoria Wallonie.

« La concurrence est féroce, admet Isabelle Dehut, en charge des ressources humaines chez Sapristic-Biion, entreprise néolouvaniste active dans la transformation digitale et l’informatique industrielle d’automation dans le secteur de la santé. Des profils en automation, il en sort peu; or la demande est écrasante. Il ne suffit pas de trouver des profils, encore faut-il savoir les retenir, puisqu’on se les arrache. Si l’on est servis pour l’instant, de novembre à août, la lutte pour le recrutement a été acharnée. Et il est vrai que des plannings ont déjà été ralentis, par manque de personnel. Il a fallu, parfois, sous-traiter des parties de chantier. Cette pénurie nous rend moins agiles. »

Dans une étude publiée fin 2018, Agoria chiffre à 95 milliards d’euros la « prospérité dans la balance » si la Belgique rate le virage de la digitalisation.

Cela étant, le poids de ces processus qui se digitalisent et de ce monde qui évolue ne se répercute pas sur les seules entreprises. Une société qui bouge, c’est aussi, voire avant tout, des travailleurs qui bougent. De gré, ou poussés dans le dos. Chez BNP Paribas Fortis, cela se traduit dans un bilan personnel: quelles sont les compétences nécessaires pour « coller » à la stratégie, et, parmi elles, lesquelles sont à acquérir? « Près de 9.000 employés sont déjà passés au travers de ce processus« , renseigne Sandra Wilikens. Ce qui ne se fait pas sans casse. « Certaines fonctions disparaissent. Mais nous avons formulé une promesse: ‘job to job’. Une fonction perdue ici doit mener à une autre, que ce soit au sein de la banque, ou en dehors. Nous avons par exemple deux personnes qui suivent une formation de trois ans en infirmerie.« 

Or les « trajets de formation » ne peuvent accomplir de miracles. De détenteur d’un poste menacé, on peut basculer dans une cellule « reconversion », comme chez Proximus. « Oui, nous avons des dizaines de personnes, pour lesquelles on ne trouve pas des jobs internes, mêmes pas avec une formation ciblée, confie Anne-Françoise Adams, parce que certaines fonctions arrêtent d’exister, ou ne sont pas accessibles vu leurs exigences physiques. Parfois, même avec des formations, on ne parvient pas à amener tout le monde à bouger. Alors, pour ces personnes, on trouve des missions temporaires en interne mais cette voie n’est pas illimitée non plus.

Où sont les « Stem »?

Évidemment, lorsqu’il s’agit de relier compétences acquises et attentes du marché, les regards se tournent vers l’enseignement. À raison. Même s’il est permis de se demander si les entreprises ne pourraient-elles pas, elles aussi, participer davantage à l’effort de guerre, glisse Philippe Ledent. « J’entends parfois des entreprises dire qu’elles cherchent quelqu’un qui en veut et doté d’un savoir-être convenable, raconte Arnaud le Grelle, directeur pour la Wallonie et Bruxelles de Federgon, la fédération des prestataires de services en ressources humaines. Peu importe les qualifications. Très bien. Sauf que les formations en entreprises ne courent pas les rues. Et on n’observe pas non plus de recrutement massif de gens non qualifiés mais volontaires.« 

L’enseignement, disions-nous. Où certains indicateurs sont au vert. Les filières scientifiques enregistrent des inscriptions en hausse, se réjouit-on à l’UCLouvain en cette rentrée 2019. « En cinq ans, le nombre de primo-inscrits dans les filières Stem (science, technologie, ingénierie et mathématiques, NDLR) a crû de près de 30%« , indique Michel Verleysen, doyen de l’École polytechnique. 517 en 2014 à l’UCLouvain, contre 656 en 2018. Soit une progression de 26,9%.

Qu’il convient toutefois de relativiser, à l’aune de plusieurs facteurs. « Parce que le nombre global d’étudiants est en hausse, de 20% sur dix ans. Parce que la proportion de femmes dans ces filières reste faible, entre 15 et 20%. On a beau faire des efforts, c’est regrettable. Enfin et surtout, le nombre d’étudiants y reste nettement insuffisant. Il faudrait presque le doubler. » Surtout que si les inscriptions grimpent, le nombre de diplômés a tendance, lui, à stagner: 323, toujours à l’UCLouvain, pour la cuvée 2014-2015, et 336 pour celle de 2017-2018.

Du codage, dès six ans!

Nettement plus d’étudiants? Ce n’est pas Agoria qui s’y opposera. « En Communauté française et en 2016, 16% des diplômés l’étaient dans une filière Stem, chiffre Dominique Demonté. Contre une moyenne de 25,6% dans l’Union européenne. » Agoria a fait ses comptes pour les ingénieurs. En vingt ans, le nombre de diplômés n’a fait que stagner: ils étaient 1.318 en 1998 et 1.279 en 2018. « Pour remplir les besoins actuels, il en faudrait 500 de plus par an! » Et, à l’horizon 2030, Agoria parle de presque 2.000.

Chez Federgon, on suggère par ailleurs de se pencher sur le fonctionnement des organismes publics en charge de la formation. « Ils font du très bon travail, avance Arnaud le Grelle. Mais manquent d’agilité. Dès qu’une formation avec cinq places est ouverte, ils se disent qu’ils répondent à la problématique. Alors que ce ne sont pas cinq places qu’il faudrait, mais cinq cents, si pas cinq mille. Trop rigides, ils ont du mal à s’adapter aux besoins. Pourquoi ne pas fermer un certain nombre de formations qui vivotent pour frapper un grand coup dans une filière porteuse? Eux, dans un esprit très service public, entendent aider tout le monde. » Et faire un petit peu de tout. « C’est comme un commerçant qui mettrait tous ses jouets en vitrine, un de chaque. Tandis que son concurrent, qui aurait compris quel est LE jeu du moment, axerait toute sa vitrine sur ce produit phare.« 

On terminera sur une piste dessinée par Fabien Pinckaers. Qui ne s’étonne guère que la filière informatique soit peu ou prou boudée dans l’enseignement supérieur. « L’informatique est absente des primaires et des secondaires. Qui va, dans le supérieur, se lancer dans quelque chose qu’il ne connaît pas? » Pour le patron d’Odoo, la solution passerait par un apprentissage du codage dès le plus jeune âge. Du codage en primaire? « Dans le top dix des entreprises mondiales, vous en trouvez six qui ont été fondées par des développeurs. C’est le nouveau MBA, en plus efficace! Et puis, il faut cesser de voir le codage comme un métier, alors qu’il s’agit d’une compétence. Basée sur le raisonnement, la logique et stimulant la créativité. Ce n’est pas compliqué, les outils sont là, ludiques et accessibles pour les enfants. Voilà qui permettrait à la Belgique d’effectuer un bond de compétitivité et résoudrait à long terme un des soucis du marché de l’emploi. »

Pourquoi cela ne « colle » pas?

Des personnes sans emploi. Et des emplois sans personne. Derrière cet apparent paradoxe du marché du travail se cache une double question.

La première est assez basique: si les demandeurs d’emploi ne peuvent répondre à cette offre de travail, c’est essentiellement faute de qualification. « C’est la base, assure Philippe Ledent. Notamment parce que la moitié d’entre eux ne disposent pas d’un diplôme du secondaire supérieur. La qualification constitue un énorme défi.« 

Il existe cependant un autre versant. Pourquoi le marché n’arrive-t-il pas à « absorber » cette main-d’œuvre non qualifiée? « Comme c’est davantage le cas aux États-Unis? Parce que nous sommes plutôt un pays à coût salarial élevé. Si la Belgique figure dans le peloton de tête des pays où la compétitivité est forte, ce n’est pas parce que le Belge est plus intelligent, mais parce que le travail à faible valeur ajoutée a été éliminé. Les métiers peu productifs ont été nettement plus robotisés ici qu’aux USA.« 

Que faire? « Travailler sur la qualification, estime l’économiste. Et rajouter une couche de flexibilité au système actuel. Sans tomber dans une flexibilité à tous crins qui n’est pas la voie à suivre, compte tenu des contraintes de la Belgique où la redistribution est forte. Il faudrait déjà cesser de fermer les yeux ou de réagir dans l’urgence, comme cela a été le cas avec ce système des 500 euros défiscalisés. Peut-être faudrait-il envisager un nouveau type de contrat flexible, pouvant se passer de la lourdeur administrative d’un statut social, mais respectant l’ensemble des règles, cotisations sociales en tête, compatible avec le statut de demandeur d’emploi et doté de plafonds, afin de ne pas cannibaliser les emplois salariés.« 

C’est ce qui s’appelle un ballon d’essai. 

Le Brabant Wallon, territoire apprenant?

« Aller dans l’action »: c’est le sens de cette initiative issue du Club of Brussels et du programme « Extrapreneurs » cornaqué par Michel de Kemmeter. Soutenue par la province du Brabant wallon et ses intercommunales, l’idée est de rassembler les forces vives du « BW » autour des « métiers de demain ». « Nous misons sur un modèle partagé, décentralisé de la formation professionnelle, explique Michel de Kemmeter. Des coachs, des tribus apprenantes et des entreprises, assistés par une plateforme en ligne. Quelque part, ce sera une forme d’Airbnb de la formation professionnelle. »

Le tout en tenant compte des caractéristiques du « BW ». « Tant ses forces, comme le nombre de travailleurs qualifiés, le taux d’emploi élevé, ses universités, ses terres fertiles ou encore sa vaste offre culturelle, que ses faiblesses, parmi lesquelles le transport et la mobilité », détaille Michèle Pasture, qui pilotera le projet.

Projet dont les objectifs sont ambitieux: 25.000 personnes et 250.000 heures de cours par an. « Nous voulons générer une dynamique touchant des actifs dont le job va disparaître, des personnes ayant perdu leur emploi ou en burn-out, ou encore des jeunes en quête de sens. Et de voir s’il est possible de reproduire l’expérience, en l’adaptant aux spécificités d’autres territoires. »

À suivre sur extrapreneurs.org

Benoit Mathieu
Source: L’Echo

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